La quête d’un homme paisible…

De la naissance au trépas, que deviennent nos âmes, et où nous mènent les routes
de l’au-delà ?
Y-a-t-il un passage de l’esprit vers d’autres mondes ? Des cultes de Mithra au Christianisme, de celui d’Osiris  au mythe d’Hadès, toute notre vie est perfection pour  faire reculer les limites, dans lesquelles nous sommes enfermés.
Et notre dérisoire pauvreté à vouloir franchir le seuil de nos ténèbres, préfigure les reflets d’une lumière que nous ne faisons que pressentir.
Il nous faut  donc aller au-delà de l’obscurcissement, et nous contempler dans ce que doit être le miroir lumineux de la nature et de la création.

Nous savons, que ce qui reste en nous de sombre, doit advenir en pleine lumière, afin de commencer une vie plus harmonieuse et parfaite. Car si nous n’avons pas la mémoire de nos vies antérieures, nous renaissons toujours dans l’oubli de ce que nous avons fait.
Nous restons exposés aux mêmes fautes, confondus dans la masse informe de l’humanité et
cet impossible souvenir, atteste que nos facultés renaissent imparfaitement.
Aussi ne faut-il pas, emprunter les voies verticales ? Celle de l’ascension vers la lumière, et celle, de la descente vers l’intériorité ?
En travaillant sur le plan spirituel, ouvert et tolérant, au regard des dogmes fermés et excluant, notre esprit cherche inlassablement les propres limites de sa circonférence.
Il n’est pas fou de penser que nous entrons, de cette manière, plus profondément, dans une forme de divinisation.
Mais,  que se cache-t-il derrière cette force supérieure ? Où se trouve- t-elle ? et…peut-on la nommer ?

C’est dans l’univers qu’il me faut explorer cette expérience spirituelle.
Ma recherche secrète ne peut faire l’impasse d’une aventure alchimique. Elle m’invite à visiter les richesses cachées de l’intérieur de la terre, et je sais, que l’observation de l’univers, du macrocosme au microcosme ne peut être qu’admiration et humilité.

Ma quête a commencé avec l’espérance ardente, sans cesse renouvelée, afin de trouver l’harmonie dans les relations complexes de l’Un et du Multiple. Sans abdiquer aux dogmes, mon désir inextinguible de régénération spirituelle m’anime.
Ma pierre cachée, cet  “occultum lapidem”,  qui symbolise le dépassement des dualismes  me guide sur la voie de la connaissance, pour atteindre davantage de sagesse.
Alors, pendant un instant, je lève les yeux vers la voute étoilée et regardant éperdument au loin, je comprends que ces trois cent milliards d’étoiles et de planètes, m’offrent le spectacle du miracle de la vie.
Ainsi ma condition d’humain, s’en trouve renforcée, avec la recherche fiévreuse d’une parenté cosmique.

Mais, pour l’heure, je l’avoue, la lumière, mise en moi, éclaire peu, mais il viendra le temps où, de faiblement, elle brillera intensément, puis illuminera enfin,  mon propre buisson ardent.
Et derrière cette merveilleuse création qui m’interpelle, il faut me souvenir que précédemment, il y eut chaos et explosions, qui n’ont jamais cessées, depuis la déflagration primordiale.

Me voici, traversant cette forêt peuplée d’éléments magiques, et je me sens  en phase avec moi-même. Je reste connecté,  en réception de cette force supérieure et je perçois son rayonnement.
Je suis en ordre, en joie et en bonheur, sorti de l’ignorance, et je pénètre au cœur du savoir, pour atteindre la connaissance.
Je sais que ma présence dans le labyrinthe du temps, peut permettre à ma nature d’aboutir à ce perfectionnement. La temporalité qui  me conduit vers une évolution personnelle, rend possible ce perfectionnement.
Telle une transformation, une maturation ou une transmutation, cette puissance ésotérique m’aide. Elle avance, et me métamorphose. Avec elle, je me rapproche de la vérité, mais sans jamais l’atteindre.

A ce stade nous pouvons dire que nommer cette présence de l’esprit est impossible. Ineffable par nature, nous restons sans réponses devant la  tentative de prononcer le nom.
Alors, si nous ne pouvons exprimer  l’inexprimable, nous nous  approchons de ce divin, en humilité et  dans l’intériorité de notre paisible quête.

Êtres finis, ouverts sur l’infini, êtres éphémères ouverts sur l’éternité, nous sommes également des êtres relatifs ouverts sur l’absolu.
C’est l’ouverture vers l’esprit de la spiritualité, qui parle effectivement. La recherche de vérité et d’un sens,  fondamental,  nous oblige de trouver en nous cette lumière du saint des saints, lieu le plus sacré de notre temple intérieur.

Plus je progresse, plus je  me dis que tout est dans la grotte, la caverne, promise aux réflexions et aux ombres, afin de parachever ma transformation.
Pour chacun Il est vital de découvrir ce triangle d’or, gravé du nom de l’ineffable, tout simplement afin de devenir ce que nous sommes. Il suffit de descendre très profondément dans notre voute sacrée pour  ressentir le souffle de esprit.
Tout en volonté et en foi,  nous espérons trouver une réponse possible quant à la nature de ce divin.
Devenir juste, clément, sachant pardonner, en ferveur constante et en curiosité saine, nous avançons en plénitude, transformés, circulant au cœur de soi, en lien avec le cosmos.
Surtout, nous sentons que l’esprit efface par son amour, les oppositions établies.

Alors, tel le diamant, issu de la sublimation du charbon, le noir de nos ténèbres permet l’éclat de la lumière.
La clarté cachée du visible et de l’invisible me remplit. La lumière est la clef de la philosophie du monde.
A  mon tour je suis uni et inscrit dans la métamorphose de la matière. Tout se tient, et je fais partie intégrante de cette nature.
Ici point de séparation entre les deux états, nous parlons d’inclusion parce que  l’un est compris dans l’autre.

Si  la  création a besoin de l’homme que nous sommes, alors nous avons besoin d’elle, parce que nous faisons partie intégrante de celle-ci.
Il en procède ainsi de l’alchimie des choses, et de l’harmonie de la connaissance, pour entrer dans l’intelligence et le langage de l’obscur.

Depuis ma première mort symbolique, afin de me reconstruire j’ai commencé à rassembler ce qui est épars.
Après de longues épreuves j’ai découvert la trappe qui mène au royaume que je ne soupçonnais pas.
Au centre de moi,  l’immanence de la divinité ineffable m’est consubstantielle. Elle est en résonance avec moi. J’ai trouvé la plénitude.

Ce matin, au cœur de mes méditations, assis à terre, je commençais à prier.
Ma vie confuse pensais-je est devenue signifiante, la solitude et la lourdeur de la nuit s’est disloquée. Je suis devenu un homme paisible.
Ma parole est devenue claire. J’ai reçu le sens de mon aventure à travers les signes que m’a envoyé le ciel.

J’éprouve désormais le monde dans son univers. J’entends les messages des nuages. Des énergies étranges s’expriment, et j’écoute les paroles venues de l’autre côté du monde.
Je ressens le passage étroit de l’immortalité. D’une vie à l’autre, mon expédition s’avère être un chemin, vers ma pierre vivante, qu’elle soit tumulus ou menhir.
Dans le rougeoiement de l’automne et la fraîcheur de l’aube disloquée, dans les crépuscules d’ors et de pourpres, mon errance tranquille s’est parée d’un grand chant d’amour.
Plus que jamais je suis sur le chemin de la perfection et  je suis comblé.
Doté de la connaissance, en homme paisible, je vis désormais dans une acceptation jubilatoire.
Je sais que je ne sais rien, mais je suis habité par la ferveur du divin.

Alexandre Rosada © octobre 2020

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