Dans l’émission de FRANCE CULTURE “Tout un Monde” de Marie Héléne Fraïssé et “Echo de la Planète Francophone ” de Anne de Giafferri, nous revenons sur l’envoi des Kanak à l’Exposition Coloniale de 1931 où ils furent trompés sur le but réel de leur voyage.
Exhibés au Zoo du Jardin d’Acclimatation du Bois de Boulogne ils furent en fait présentés comme les derniers “primitifs cannibales”, puis expédiés en Allemagne dans une tournée de cirques.
L’émission RADIO produite par Radio Nouvelle Calédonie, nous donne l’occasion de regarder et faire entendre un autre aspect de ce voyage.

En effet les Kanak une fois à Paris en 1931, enregistrèrent dans les locaux de l’Institut de Phonétique de Paris, 17 morceaux. Des chants et des récits kanak en langues Canala, Lifou, Ouvéa et Maré, pour des études de musicologies ultérieures ou des recherches ethnologiques.
Au total 8 disques 78 tours furent gravés et conservés au Musée de la Parole, un service de la Bibliothèque Nationale de France.
Pour cette émission, et pour faire devoir de mémoire nous les avons retrouvés et, avons fait traduire quelques morceaux par des chercheurs kanak.

Sam Léonard linguiste parle avec émotion de ces vieux qu’il écoute à nouveau. Il nous traduit la légende du poulpe et du rat qui fût racontée en métropole en 1931. Il précise enfin le rôle du chant dans la culture Kanak.
L’Historien Joel Dauphiné, revient sur les circonstances de cette “affaire commerciale”, et, sur l’époque raciste qui distinguait alors des races supérieures et inférieures dans les études anthropologiques.
Une enseignante Marie Adèle Néchoro, nous traduit l’histoire du vieux Casimir dans laquelle il raconte l’arrivée des blancs en Calédonie. Elle est émue jusqu’aux larmes car ce vieux dit elle, elle le connaissait bien et elle avait travaillé avec lui en 1992.
Des “féhoas” chants et récits de faits guerriers figurent aussi dans ces enregistrements. Billy Wapotro de l’Alliance Scolaire nous en parle. Il est frappé par un chant en particulier et par sa qualité d’interprétation. Il fait aussi un parallèle avec les noirs américains qui comme esclaves dans les champs de cotons chantaient leur identité malgré les fers des chaînes .
Les kanak dans ce contexte d’exposition dit-il étaient
déjà dans l’affirmation identitaire. On les prenait pour des primitifs cannibales, et eux ils chantaient leur culture et affirmaient leur identité comme les noirs américains. C’est extraordinaire conclut-il.

Un récit important sur la dynastie de la famille Boula de Lifou est traduit par Wenico Ihage, chercheur.
Il explique sa profonde émotion à retrouver la mémoire intacte de ce récit ancestral, de cette parole clanique.
Il évoque lui aussi, l’acte identitaire de ces Kanak. Ils ont voulu montrer ce qu’ils étaient vraiment et pas que des “sauvages parqués” comme certains ont voulu le faire croire, dit-il, mais qu’ils ont une langue, une culture, une identité et une civilisation.

Ce documentaire radio,  fait suite au documentaire télé Le Regard Colonial” réalisé aussi par Alexandre Rosada en l’an 2000. (cliquez sur le lien pour regarder)

 

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