Aimer l’Amour

I
Aimer l’Amour

Aimer, le message dans sa splendeur met en lumière les élans du cœur, l’attachement humain mais également un commandement qui ne souffre ni refus, ni tiédeur.
Celui qui hait l’autre, reste toujours dans les ténèbres, nous enseigne Jean de Patmos. Il nous faut donc aimer pour rester lumineux, dès le commencement jusqu’à la fin des temps. Et comment pourrait-il en être autrement au risque de ne pas accomplir son devoir.
Aimer certes, mais aimer tous ses semblables, car si nous sommes libres de nos destinées, pouvons-nous fuir la solidarité ?
Aimer l’humanité, choix librement consenti, devient alors notre quête de cohésion. Donner pour recevoir, donner pour aimer,
mais se donner du fond de soi, sans contreparties, ni espoir de retour, ni reconnaissance voilà qui nous intéresse, car il s’agit de faire œuvre de vie,  de notre vie.
Il s’agit là de réussir la « vie bonne » qui nous est assignée par nous-mêmes. Laisser parler la richesse du cœur, pour « aimer et être aimé » comme le disait Saint Augustin.
Parce que nous vivons une époque violente, sans amour, nous sommes inévitablement en colère, contre nous et les autres.
Il nous faut donc changer de paradigme pour affirmer notre place, en amour, dans un ordre cohérent et universel.
Et si, obstacles, incompréhensions, apparaissent, alors notre croisade dédiée à l’amour n’en sera que plus forte.
Là est l’essentiel, c’est notre obligation d’humain en humanité. Aller rencontrer celui qui me ressemble, aller en espérance dans les détresses cachées,
les errances d’humains en demande de compréhension. Ne jamais se retirer du monde, ou bien si,  parfois, seulement pour en percer le mystère.
Aimer le monde, prendre conscience de son lien avec le cosmos pour en saisir toute la spiritualité.
Plus nous cheminons dans la vie et plus nous sentons que l’important c’est d’aimer.
Paradoxalement c’est ce que l’on trouve le moins dans ce siècle

II
L’amour sans limites.

De l’amour passion exprimé par l’éros, à l’amour sublimé pour les croyants, l’amour est aussi celui de la raison, empreint de tolérance et d’ouverture d’esprit, sans illumination, ni révélation ou fanatisme. L’amour raisonné, libère celui qui le porte en vigilance, comme un affranchissement personnel, pour construire sa maîtrise, en repoussant les passions. Ainsi éloigné de la servitude de l’amour charnel, la libération par l’amour raison, nous oblige à l’action, dans un mouvement dynamique.
C’est une vraie démarche. Elle nous entraîne à reconsidérer par l’amour, les fractures de la haine envers notre pire ennemi. La puissance de l’amour est capable d’abolir la faute par le pardon.
Il s’agit donc avec l’amour et dans l’accomplissement, de faire régner le bien, contre le mal. Concept transcendant et immanent à la fois, aimer comble ce vide de l’existant qui le fait naître. Le bien c’est-à-dire l’amour, ordonne et  lie. Le mal, corrompt et pourrit. L’un oriente vers la vie, l’autre régresse vers la mort.
Cette pulsion d’aimer nous fait donc bouger les montagnes comme on dit.
Il est « le fondement et la pierre angulaire » disait le pasteur Anderson. « Le mystère de l ‘amour vise à la fusion des pensées et des âmes. Il apporte la paix aux hommes » indique Platon dans Le Banquet. Il ajoute « c’est un grand dieu que l’Amour, un dieu qui mérite l’admiration des hommes ».
Et Oswald Wirth de conclure « Il agit comme un principe vital, d’harmonie et de stabilité ».
Épanouissement, accomplissement, si aimer est un combat intérieur, il devient vite source de salut. Avec pour le croyant la possibilité d’une construction supplémentaire, celle de la Jérusalem céleste, révélée par la vision de Jean et promise par le Christ à ceux qui suivent son commandement d’aimer son prochain comme soi-même.
Une telle démarche transposée, donne aux non-croyants, la capacité à devenir ce que nous voulons être, grâce à la métamorphose de l’amour.

III
Aimer pour être.
Par  et avec l’amour nous pouvons désormais porter ce message, tel un « saint vivant » ayant sublimé ses vils instincts, accomplit la vertu, non pas obligation mais par sa volonté pure, dégagé de toutes contraintes.
La sainteté est une force particulière qui ne s’apprends ni se s’étudie, mais qui s’exerce naturellement après avoir fait sa propre conversion du regard et son chemin vers l’acte d’aimer.
Rien d’impossible donc, car l’amour est en toute choses, dans la joie, la paix et l’espérance.
Aimer n’est donc pas un vain mot.

@Alexandre Rosada – 2020

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