Le maillet frappe. Le ciseau corrige. La pierre se transforme. Mais une question demeure, presque toujours oubliée : que deviennent les éclats tombés au sol ? Car lorsque nous prétendons nous débarrasser de nos défauts, de notre orgueil, de nos colères, de nos certitudes et de nos vanités… disparaissent ils vraiment ? Ou restent-ils quelque part en nous, silencieux, attendant simplement l’occasion de ressurgir ?
La pierre brute n’est pas un ennemi.
Elle est notre commencement. Et ses éclats racontent parfois davantage sur l’homme que la belle pierre qu’il expose aux regards. Car il existe une vanité plus subtile encore que celle du profane : celle de l’initié persuadé d’avoir définitivement vaincu son ego. Une réflexion Rosada sur la transformation intérieure, le travail maçonnique, l’humilité et cette étrange matière humaine que nous passons une vie entière à essayer de façonner.
La véritable question n’est donc peut-être pas : “Ai-je taillé ma pierre ?” Mais : “Qu’ai-je fait de mes éclats ?”



