L’HUMAIN ET SA QUÊTE DE SPIRITUALITÉ

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Souvenons nous du commencement. Il est dit que nous ne sommes plus dans le monde profane. Je crois en effet que nous sommes ici en ouverture sur un autre monde, celui du sacré et de la spiritualité initiatique.
Quelque âge que l’on dise, trois ans ou +, notre jeunesse nous permet toutes les audaces, surtout, celle de penser que la spiritualité nous échappe. Je sais, nous savons,  que la société profane est un monde matérialiste ou souvent l’humain divague sans aucuns repères. Des humains sans buts ni quêtes, errant dans la nuit, ne soupçonnant même pas l’existence de la voûte étoilée.
Ici nous avons tous en commun d’être curieux de la vie,  après la caverne, la grotte, le cabinet de réflexion qui nous a introduits au cœur ténébreux de la terre. Cette terre matrice d’où la vie est sortie. Nous sommes devenus des grands contemplateurs des pierres, garantes de l’immortalité dans nos recherches philosophales Et jamais nous ne les dissocions des autres éléments, pour mieux saisir l’unité profonde de la création. Peu à peu, les images flottantes indécises semblables à nos rêves, deviennent incarnation. L’invisible en devenant visible dévoile son mystère….et nous sommes des témoins lumineux de notre propre expérience intérieure.

Unis  en Fraternité sous le regard du Principe qui décide de tout.
Comme vous, je suis ici pour réapprendre à lire le livre de la vie. Quoi de mieux que d’épeler ensemble ce nouveau langage ?
Sur ma route, je chemine vers mon recentrement porté par des valeurs. Principalement celle d’un retour à la tradition, creuset de sens, qui permet de me relever de ma chute, causée en partie par mon ignorance.
Celle de la parole et du verbe, qui me permet de croire et d’affirmer qui je suis, et ce que je veux.
Car dans ce temple de pierre, construit à l’image de tous les temples, je sais que l’humain est esprit, et que nous adressons nos paroles souvent, à ce qui ne peut être ni mesuré, ni pesée.
Ici ce que j’ai décidé d’appeler esprit, je le nomme spiritualité, et amour, aux côtés des valeurs de fraternité, d’amitié et de solidarité.
Amour de chair et de sang, amour-agapé, celui des âmes qui fusionnent jusque à la mort.

Immergés ensemble nous voyageons inlassablement dans un mode rythmé par le temps solaire et lunaire.
Il nous est demandé de comprendre ce qui se vit au quotidien. Déchiffrer le monde, en épelant son ésotérisme, pour rénover notre pensée, polir notre pierre en perfectionnement. Découvrir cet univers, ce chemin secret qui est en nous, sinon nulle part.
Le monde profane est un monde d’ombres. Notre monde intérieur est un retour au commencement. Il peut nous rendre indestructible.

Dotés de nos symboles, j’entre avec vous dans un espace en lien avec le cosmos. Ma quête est évidemment de progresser sur la voie de la connaissance, celle de naitre-avec (cum nascere).
Naître avec soi-même, les autres, le grand tout pour acquérir sagesse, force et beauté.
Du monde nous cherchons le plan, ce plan, c’est nous qui le sommes.
Beau chantier, belle voie de progrès collectif, loin des autosatisfactions arrogantes, ou d’une forme d’érudition vaniteuse.
L’humain initié que je suis, dans sa quête de spiritualité, travaille en esprit et en vérité à la Gloire du Principe.
Lui, me donne sa force et se révèle en moi. En moi, son amour se diffuse, parce que je glorifie son action.
Par cet acte d’amour-agapé,  il me permet de vivre en initié.

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En atelier le Principe est représenté par le delta rayonnant.
Il nous regarde en permanence dans nos tenues, et nous accompagne au quotidien. Ce symbole a-dogmatique est garant de nos valeurs de liberté de conscience et de respect d’un principe créateur.
Mais si clairement la spiritualité fut longtemps religieuse, nous restons en marge des religions dites officielles.
Même si notre Tradition  s’est inspirée en puisant dans plusieurs substances : la Bible, les sources mystiques, hermétistes, kabbalistes, templariste,
notre neutralité spirituelle  transcende tous les dogmes religieux.
C’est  sous cette loi  que ma spiritualité d’humain me dirige. Je me situe à ma place,  dans la grande organisation cosmique.
Comme une harmonie parfaite à l’image de la théorie pythagoricienne de la musique des sphères, où l’univers et les planètes seraient régies selon de bonnes proportions.

De fait, ayant prêté serment sur l’autel du même nom, ma démarche est fortement spiritualisée
dans le sens où ce rite me propose, ainsi qu’à vous, une voie, qui me transcende et me dépasse.

Pour autant  définir la nature de cette transcendance est compliquée.
Je crois, et nous croyons tous, en quelque chose d’intérieur ou d’extérieur.
Mais, définir cette foi spirituelle initiatique, savoir pourquoi, et comment elle m’anime,  c’est tout l’objet de ma recherche.

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Alors je me questionne, Pourquoi  ai-je  cette envie incontrôlable, de vouloir connaitre les petits ou les grands  mystères de la vie ?
Sans jamais finir de les comprendre, nous dit  d’ailleurs, Saint Augustin.
D’où me vient ce sentiment de vouloir m’ajuster au cosmos, pour dépasser l’idée de la mort et devenir fragment d’éternité ?

Au fil du temps, nous avons pris conscience, très vite, que le monde est logos, merveilleusement bien organisé et rationnel,  mais également qu’il est plus important de connaitre ce qui nous manque, plutôt qu’admirer ce que nous possédons.
Et ce qui nous manque, c’est cette spiritualité, idéale, qui n’exige aucun credo.
Celle qui nous remplit, nous apaise et nous donne cette force pour accomplir une bonne vie.
Seul, ou avec mes frères, parfois avec des inconnus, et même avec mes ennemis.

Et les hommes l’ont bien compris….la spiritualité est ancestrale.
Depuis l’aube des temps me semble-t-il, avant même que la science décide de gouverner la pensée, nous cherchons à connaitre la vérité sur ce qui nous dépasse.
La chaîne du temps en appelle toujours à ses racines millénaires, en chaîne d’union en quelque sorte, reliant les temps mythiques à notre quotidien.
Depuis les Sumériens (3000 av JC), les Égyptiens (id) puis Nabuchodonosor, incendiant le Temple de Salomon (652av JC).
Depuis puis les mythes Grecs (500 av JC) d’Homère, Platon ou  Socrate, sans oublier le christianisme qui en majorité, nous concerne, avec sa doctrine du nouveau testament…
et  jusqu’à notre livre sacré placé sur l’autel des serments.
Notre quête d’humain est de vivre en spiritualité et en amour universel attaché par la corde à nœuds décorant notre temple, et autrement appelée lacs d’amour.

Notre règle d’obéissance  est simple ; vaincre le mal par le bien, faire régner le cosmos à la place du chaos, maîtriser nos passions, en toute humilité, en sagesse et en harmonie.
Car il s’agit de construire une spiritualité agissante comme une source d’énergie. Elle transforme notre état intérieur. Nous procure joie et liberté.

Ici, le travail d’étude et de discussion dans un cadre symbolique, favorise la naissance de cet égrégore. Certes nous disposons de multiples outils précieux.
L’évangile de Jean, est de ceux-là.

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Ainsi engagés dans les chemins de l’infini, en spiritualité, ne sachant ni lire, ni écrire, accompagné de notre étoile, animés par notre soif de connaissance, nous allumons des lampes intérieures.
Un certain Jésus, grand initié, disait «  on n’allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur un chandelier, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison »

Moi je sais que ceux qui écoutent avec le cœur, reçoivent le  feu ardent de la spiritualité, dans les labyrinthes du cœur.

Alexandre Rosada © 2020

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