C’est à un voyage autour du monde et en bateau que je vous convie dans ce documentaire radiophonique.
Un voyage merveilleux qui s’est déroulé entre 1934 et 1936 à bord d’une goélette LA KORRIGANE, ancien morutier d’Islande transformé en navire d’exploration et de collecte d’objets ethniques.
A son bord, 9 hommes d’équipage et 5 organisateurs hors du communs.
Ils se nomment Etienne et Monique de Ganay,  Charles et Régine Vandenbroek et leur ami Jean Ratisbonne.
Tous bien nés et fortunés, ils sont épris d’aventures !
Leur expédition soutenue par le Musée d’Ethnographie du Trocadéro, ancêtre du Musée de l’Homme se déroulera dans l’effervescence culturelle des années 30.
Partis de Marseille le 28 mars 1934, ils traversent le canal de Panama et navigueront sur l’océan Pacifique pendant un an et demi parcourant d’abord, la Polynésie (Tahiti,Marquises,Fidji) puis la Mélanésie (Nouvelle Calédonie, Nouvelle Hébrides, Salomon, Amirautés et Nouvelle Guinée).
Ils reviendront à Marseille le 17 juin 1936 en passant par l’Indonésie, Ceylan et l’Egypte.
De ce voyage hors du commun les Korrigans, dont le nom est emprunté à des esprits de légendes bretonnes, collecteront 2000 objets qui seront déposés alors au Musée de l’Homme du Trocadéro.

Grâce à des témoignages de Régine Van den Broek, membre de l’expédition rencontrée lors d’un passage à Paris, et grâce aussi à Christian Coiffier, chargé des collectes Océaniennes au Musée de l’Homme, nous replongeons dans une époque où l’anthropologie de cabinet était supplantée par l’ethnographie de terrain.
De plus, nous explique Christian Coiffier, ce voyage à pris place dans l’idéologie des années 30, au moment ou les Expositions Universelles célébraient les productions d’Outre mer et que l’ombre des fascistes planaient sur le monde.

Mais que sont devenus ces objets aujourd’hui ?
Une grande partie des objets ont été vendue lors d’une enchère à Drouot en 1961.
D’autres ont été éparpillés chez des privés.
Certains ont pris place dans des expositions au Musée de L’homme notamment en mai-juin 2002.
Mais dans notre émission ce sont aussi de textes lus que vous entendrez sur les moments forts de ce voyage exceptionnel. Des extraits de livres évoquent l’époque, le contexte des explorations, les collectes, la vente aux enchères.
En effet, un livre de bord avait été tenu par Charles Van den Broek.Le collectionneur privé Max Shekelton en détient un exemplaire à Nouméa.
Il nous en lit un passage concernant le Caillou. Nous revivons aussi les émotions des Korrigans au “contact” des habitants des Nouvelles-Hébrides sur l’île de Malékula. Aujourd’hui la Collection de la Korrigane est une référence dans le monde car elle à pu sauver des objets avant l’arrivée des européens. A ce titre les objets sont des documents scientifiques et cette ODYSSÉE de la KORRIGANE reste un événement utile à l’humanité, au-delà d’une simple croisière entre jeunes gens fortunés.

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