Bernard Bénébig, Le caillou en plein cœur

C’est chez lui, dans sa maison de Magenta que nous sommes allés rencontrer Bernard Bénébig. Dans son bureau-bungalow prés de la piscine éclairée par un rayon de soleil, nous avons enregistré notre entretien et évoqué sa généalogie mais aussi son écriture.

Auteur d’un récit de vie à dominante familiale, connu des Calédoniens, “Le caillou en plein cœur“, Bernard Bénébig en prépare la suite. Aussi avons nous voulu faire en quelque sorte un état des lieux avec lui, sur cet acte d’écrivain, quoiqu’il ne se “considère pas comme tel” dit il.
Mais avant de parler littérature nous avons évoqué son nom, car en Calédonie on connait bien le nom Bénébig, il y a une rue et la famille à de nombreuses branches dans l’arbre généalogique. L’arrière grand père de Bernard Bénébig a eu 11 enfants, son grand père en a eu 7…”cela fait, que l’on ne se connait pas tous, il y a plusieurs Bernard, plusieurs Michel…mais la rue Bénébig porte le nom de mon père”.

La famille Bénébig est ancienne en Calédonie. Originaire du Béarn et de la Provence, ils ont foulés le sol du Caillou en 1885, et du du coté de sa femme, les Dubuisson étaient déjà là 12 ans avant. Ils viennent de la Réunion et de l’ile Maurice.
Une famille venu pour des motifs divers. Ainsi un arrière grand père est venu comme surveillant militaire, un autre est venu comme déporté, et un autre était négociant !

Nous évoquons encore le Père de Bernard BénébigAuguste, car c’est sur le départ du Père à la Guerre le 5 mai 1941 que s’ouvre son livre “Le Caillou en Plein cœur“. Un père devenu compagnon de libération, décoré à Bir Hackeim et nommé garde du corps du Général de Gaulle. Ses exploits pendant la guerre sont restés mémorables lorsqu’il risquait sa vie cent fois en dépannant les chars militaires… Un père qui fut donc la gloire de son fils lorsqu’il revint en Calédonie et qui fut aussi c’est précieux très complice avec lui, l’incitant à lire et à aimer la musique d’accordéon notamment.”J’ai été bien entouré familialement dit-il”.

Nous entrons à présent dans son livre par une description très minutieuse presque chirurgicale, de Nouméa. Bernard Bénébig, diplômé d’urbanisme et d’aménagement urbain, nous raconte les lieux comme si on y était.Les rues, et l’ambiance sont décrites, tout comme l’esprit bon-enfant qui y régnait, sans oublier les habitants qui se connaissaient presque tous. Il nous relate le relieur Tran Van Chuc, le sénégalais Mamadou, et le grand pâtissier vietnamien dont il vante encore le bon gout de ses gâteaux…!

Bernard Bénébig, nous entraîne ensuite dans des lieux qu’il a investit au moment de son enfance.
Le cimetière des voiliers non loin de Nouméa, puis les abattoirs de la ville et plus tard la mangrove de l’anse Ouaré. Des passages du roman nous font vivre ces moments tant aimés de son l’enfance.

Plus loin nous partons en Brousse,et pendant trois chapitres Bernard Bénébig nous chante une véritable ode à la Brousse. Il relate ces moments inoubliables avec Louis, un ami mélanésien de la tribu de Mia, prés de Canala.
Une époque importante de sa vie, et qu’il vécut de “façon simple, sans les rituels coutumiers qui sont aujourd’hui de rigueur”. Bernard Bénébig se souvient aussi des Devillers et du vieux Tellote qui l’ont marqués. “La brousse c’est très structurant pour un enfant car c’est le lieu de la différence, on est en prise directe avec la nature”. La ville en revanche peut perturber quand on y vient et que l’on est de la brousse dit-il, et le premier choc dit-il c’est le bruit !

Puis nous abordons son prochain livre. Il s’intitulera “Un étudiant calédonien à Paris“. Ce sera un journal non daté de sa vie de jeune homme en métropole, à Paris, en Provence, mais aussi en Europe.
Déjà plus de 200 pages ont été écrites, mais la rigueur du scientifique freine parfois le littéraire et la vérification de détails, de dates, ralentit son travail, dit-il. Il me faudra au moins un quinquennat pour l’achever dit il en souriant.

Entretien réalisé en 2005.

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