ao


Nazaire devant un vestiges d'ascenseur humain qui descendait dans les puits de mines. Photo A.Rosada.




Nouvelle Calédonie

LA SAGA DES MINES DU NORD


2. La MINE PILOU
1886-1930


Photo ARchives Nouvelle Calédonie.
Nazaire Apikaoua. guide.

Historique et évocation

Photo Archives NC.

Ruines d'habitations. photo A.Rosada.


Enregistrée le 22 octobre 1884, par Louis Equoy, la mine PILOU, comme la mine Némou fût presque aussitot rachetée par John Higginson. Lui même vendit un quart de ses parts à Louis Montagnat en décembre. Ce quart fût ensuite rachété par Higginson et son gendre Louis Pélatan deux ans plus tard en août 1886.
Pilou fût exploitée de 1886 à 1930. Au total 4 sociétés minières feront vivre le site minier.
Ces sociétés furent anglaises, avec de la main d'oeuvre pénale pour les deux premières, les "contrats de chairs humaines", et de la main d'oeuvre libérée pour la troisième.

La première société est la "Société des mines du Nord de la Nouvelle Calédonie". Higginson et Pelatan en étaient les dirigeants.
Les travaux débutèrent en janvier 1885.Des affleurements de minerais sont mis a jour sur les flancs du mont Pilou. L'exploitation sérieuse prend effet en février 1886. Une centaine de condamnés et 20 mineurs français s'activent.
Aprés les flancs, l'exploitation se poursuivit par un puits de 25m pour aller chercher le minerai au coeur de la montagne.
Les exportations de cuivre partaient
Photos Archives NC.
vers l' Angleterre (Swansea) et l'Australie (Dapto en NSW). La fusion fut effectué d'abord par deux fours à réverbères chauffés au bois sur le site de la mine Pilou dés avril 1888. On fondit 1244 tonnes de minerais au total jusqu'à l'arrêt de ces fours. La fusion du minerai Pilou fut poursuivit en 1890 à l'usine de Pam....hélas l'absence de capitaux et les fluctuations des cours de cuivre auront raison de la Société des mines du Nord. Les travaux à Pilou s'arrètèrent donc début 1891.

Six ans plus tard, un groupe anglais, l' International Mining Corporation Ltd reprendra les travaux à Mine Pilou. A ce moment là, Higginson a vendu ses concessions mais il reste administrateur délégué du groupe en Calédonie. De nouveau les forçats sont employés sur la mine Pilou. Il seront au nombre de 200. Les travaux sérieux commencent en 1899. Selon Jean Carol, la mine atteignait 210m de profondeur, elle produisait 500 tonnes de minerai par mois. Une voie ferrée de 5,5kms est en construction pour relier la mine à la pointe Dilah en face de Pam. Une autre est construite entre Pilou et AO et passe par un tunnel sous la crête. L'exploitation est satisfaisante, la société change de nom et devient les Mines de cuivre de Pilou Ltd, mais en 1901 le prix de revient des mattes est supérieur au prix de vente. Le filon "Georges" n'a pas tenu ses promesses. Un an plus tard, la maison mère est en difficultée financières. Les mines de cuivre du Pilou aussi. Les actifs sont liquidés. Higginson se retire à Paris où il meurt en 1904. Ses héritiers rachètent les concessions et installations.

En 1907 les héritiers d'Higginson dont sa veuve Bridget Geer, et un banquier parisien M.Max relancent l'exploitation à mine Pilou. Ils créent la Société Calédonienne des Mines qui détient 6 concessions minières (Pilou.Némou,Ao,Courbet,Céruzite et Colorado). Pour la mine Pilou, il fallut 10 mois pour relever les galeries et l'extraction démarra en novembre 1908. Une percée de 165m depuis l'orifice du puit permit de travailler sur un 8éme niveau d'extraction. Là un filon exceptionnel prenait de l'ampleur. Un étage 9 était même en préparation. Le puit était desservi par une machine à vapeur de 150Cv qui servait à remonter les minerais et le personnel. La production journalière était de 42 tonnes pour 45 personnes employés par poste de deux. En tout 60 hommes s'affairaient sur la mine Pilou. Surtout des libérés mais leur travail laissait à désirer à cause des abus d'alcools.
Le minerai était stocké sur le carreau de la mine en attendant la fin d'une ligne de chemin de fer reliant la mine à Dilah sur les berges du fleuve diahot accessible aux chalands à toute marée. Mais les coûts d'exploitation sont restés élevés. L'exploitation cesse donc en 1910. Un gendre d'Higginson le dr Auvray rachète les actifs en 1916. Il les revends à un autre gendre, l'avocat De Verteuil qui les gardera 11 ans.

Habitations des directeurs d e la mine Pilou. Photo Archives NC.
Le dernier épisode de la saga de la Mine Pilou, se déroule en 1927. A cette époque est créée la société des mines du Diahot.Dans un premier temps la société procéde a une étude géologique et la reconnaissance de gisements.En février 1930 la mine Pilou était remise en activité. Fin mai la société réorganisait l'usine hydro-électrique de Tao et assurait un service maritime complet entre Tao et Pilou. La fusion du minerai était assurait par des fours électriques. Ils étaient alimenté par des turbines de 780cv et deux dynamos de 220v. Héals la crise mondiale de 1929 voient les cours du cuivre s'effondrer. Les difficultés de trésoreries se font sentir. Bientôt les caisses sont vides. La S.M.D dépose donc le bilan en juin 1931.

 
Au loin les cellules des condammnés.
Des restes de la  fameuse ligne de chemin de fer.
 

L'histoire de la mine Pilou continue en 1936. Une vente aux enchères l'attribue pour 7110 francs à un japonais dont les avoirs seront placés sous sequestres pendant la seconde guerre mondiale.
Dans les années 1970 des prospections sont menées à Pilou sans résultats. En 1993 la société australienne Asia Pacific rachète la concession Pilou. Des sondages ont été faites ça et là mais sans grands succés. Aujourd'hui le cuivre est exploité dans le monde dans des grands gisements en faible teneur mais à trés bas coût de production. Ils sont en Amérique du Sud, du Nord, aux Salomons et Nouvelle Guinée. Les réserves y sont séculaires. Ainsi les petits gisements comme Pilou sont trop cher a exploiter et leurs réserves sont trop faibles.

Reste qu' au total, il aura été produit à Pilou sur 11 ans d'exploitation, 200 tonnes de mattes de cuivre à une époque prospère.

Reportage : Alexandre Rosada. Philippe Huneau. Montage : Gael Detcheverry.
Documentation : SEHNC (Société d'études historiques de la N.C).
Remerciements : Gîte de Poingam. Koumac Tourisme.
Images d'Archives : Archives Territoriales de la N.C


Alexandre ROSADA