John William, auteur, compositeur, interprète noir, déporté dans le
Camp de Concentration Allemand de Neuengame.

Mars 1944 - Mai 1945

L'époque du Music hall
Répétition musicale

Arrété par la gestapo. John William fut déporté politique en Allemagne en mars 1944. Il partit pour le camp de concentration de Neuengane. Il avait 22 ans. Son numéro de déporté fut le 31103. Il était employé comme ajusteur outilleur jusqu'à sa libération. Il découvrit le don de sa voix de chanteur dans un cachot lors de son incarcération. Aprés la guerre il décida de se lancer dans le music hall, et les cabarets. On lui doit l'interprétation inoubliable de chansons comme "La chanson de lara" ou "Si toi aussi tu m'abandonnes".
De cette expérience de déporté il en retira une grande croyance en Dieu.

John William .Paris 1998..
Sa mère, son père et John William enfant
John William Paris 1998.

D'origine ivoirienne, sa mère fut marié à un colon Alsacien.
Nous avons rencontré John William à Paris sur l' Ile St Louis afin de parler de sa déportation en tant que noir. Nous nous sommes rendus ensemble au Mémorial Juif et en regardant les photos des camps de la Mort il a pu évoquer ce passé tragique.

Ecoutons ses paroles recueillis qui figurent dans notre documentaire télé :
"je suis resté 4 jours et 5 nuits dans un wagon avec une ouverture minuscule en haut" "Tout les jours dans le camp la charrette aux morts passait. On pesait entre 28 et 40 kilos. Les allemands aimaient nous humilier. Ils nous laissaient debout des heures dans le froid. Une espèce de sadisme. Ceux qui emmenaient les corps morts aux fours crématoires étaient sacrifiés à leur tour. Les fours fumaient tout les jours. Les allemands nous rappelaient que nous n'étions vraiment rien".
"Quand on entrait on était numéroté, comme des bêtes. Les allemands avaient droit de vie et de mort sur nous. Je me demande comment les allemands pouvaient chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année, s'acharner sur des gens qui ne leur avait rien fait...tout ça par idéologie. Comment ont ils pu tenir avec ce qu'ils faisaient.Il fallait qu'ils aient l'esprit retourné par une propagande terrible. Les africains et moi on ne sortait jamais du camp. Les allemands avaient trop peur qu'on aille fricoter avec des allemandes car ils avaient l'idéologie de la supériorité de la race germanique. ils étaient des êtres supérieurs".

Notre reportage s'achève chez John William où il évoque en famille, l'aprés guerre et sa carrière artistique.

Reportage Télé RFO Paris
Alexandre Rosada Anne Marie Masquin