« JOSEPH DELAVILLE LEROULX »

Communard, Déporté Politique en Calédonie en 1872,
devenu adjoint au Maire de Ouégoa en 1897.


Un magazine de société de 6 minutes
diffusé dans le cadre de l'émission "Triangle Nord"
sur Télévision Nouvelle Calédonie.

Quelle est le lien entre Joseph Delaville Leroulx, ancien communard originaire de Nantes et Victoire Normandon calédonienne retraitée à Ouégoa dans le Nord ?
Ils sont tous simplement parents par alliance, et c'est cette histoire que nous allons vous raconter dans notre magazine...

Nous découvrons Victoire dans sa maison de Ouégoa. Elle range ses photos de famille… car elle est soucieuse de sa parenté…Une malle centenaire, est ouverte sur la table du salon. Elle renferme de vieux papiers,et cette malle toute rouillée la fait rêver …car Victoire sait, que ce coffre contient, avec tous ces documents jaunis par le temps, l’histoire d’un de ses ascendants par alliance…Joseph Delaville Leroulx, dont la fille Fany, cinquième de ses enfants, née à Nouméa, pris pour époux Jean Normandon, colon pénal local, au début du siécle dernier …
Victoire, regarde, classe, ausculte ses archives et parfois elle lit des écrits sous la véranda, à coté de son frère René… Elle découvre petit àpetit la trajectoire de son aïeul d’origine nantaise et noble.
Lors de notre visite Victoire avait d'ailleurs trouvé un carnet de 1880…écrit par Delaville Leroulx et dans lequel elle trouve confirmation du passé révolutionnaire de son aïeul .

Victoire Normandon, descendante de Joseph Delaville Leroulx ancien communard déporté en Calédonie en 1872.
Signature de Delaville Leroulx dans registre d'état civil de la  mairie de Ouégoa.
Une photo des barricades de la Semaine Sanglante de Paris.
Communard, insurgé, insurectionnel Joseph Delaville Leroux, fut
arrété en 1871. Il fut condamné en 1872 par le 5 ème conseil de guerre à la déportation…au motif d’avoir construit des barricades et participé à la semaine sanglante de Paris…
Arrivé en Calédonie en Décembre 1873 …Il fut placé à Ducos en enceinte fortifiée….C'était un "blindé" comme on dit... Son procés verbal d'arrestation nous donne son signalement : 1m 70, cheveux bruns, front haut, yeux noir et teint basané…Delaville Leroux naquit en 1831 à Nantes il était géomètre de métier…Il exerça d'abord en Algérie jusqu’en 1862 puis fut chef de gare au Paris-Lyon-Médittérannée jusqu'à son arrestation à Paris.

Visite de l'exposition " Communards à Nouméa" par Victoire, sa soeur et deux historiens Claude Cornet et Luc Legeart.
Victoire et sa malle centenaire.
Victoire au cimetière de Ouégoa devant la tombe de son parent par alliance.

De son enceinte fortifiée Delaville Leroulx fût ensuite placé en enceinte libre à l'ile des Pins. Mais, là, il se languit de sa femme et de ses enfants. Il demande des interventions de sa famille auprés du ministère pour revenir en grande terre. Il obtient satisfaction et sa réhabilitation par le travail fait qu’en 1879 Delaville-Leroux bénéficie d’une remise de peine. L'amnistie arrivant en 1880. Il rentre en France avec femme et enfants…
Là Ils habitent Gentilly…jusqu’en 1882…il est appariteur dans une mairie, mais suite à une altercation, il démissionne de son poste. L’appel du pacifique se fait sentir, il cherche à retourner en Calédonie comme simple colon….Il écrit à ce sujet au ministre des colonies …Un rapport de police sur sa moralité, statut en sa faveur.
Il revient et comme d’autres communards il prend racine dans le Nord…

Après avoir acquis des terrains vers Koné. Delaville Leroux s’affaire vers Ouégoa, région prospère au temps de Higginsson….De plus sa fille Fany épouse Jean Normandon, un colon pénal local… De mariages en métissages nous voici avec Victoire en 2005…
Nous la retrouvons d'ailleurs ce jour là, à la mairie où elle est venue compléter ses recherches sur son aieul… le chemin de la mémoire est laborieux.
Pourtant elle retrouve la trace de l'ancien communard dans les registres municipaux...car de 1897 à 1898
Delaville Leroux fut adjoint au maire Jules Alphonse Guérin …Sa signature sur des actes d’état civil y figure…

L’ancien communard mourut en 1910 précédé de quelques années par sa femme Eugénie Roland… Il fait partie de ces gens de convictions et d'actions qui construisrent le pays...
Sa mémoire est toujours vivante grâce à la ténacité de Victoire.

Reportage Télé
RFO NC
Alexandre Rosada
Images
J.N.Mero
Montage :

Gaël Detcheverry.
A.Rosada.



Remerciements : Archives de la N.Calédonie. Michel Jaunatre. Mairie du Rézé.France.