L'ADMINISTRATION PENITENTIAIRE DANS LE NORD DE LA CALEDONIE

Château Grimini à Pouembout.    Photo Archives NC.
Le château Grimini, est une trace du passage du bagne dans le Nord et notamment à Pouembout.
Construit par des forçats en 1886, il indique que l’administration pénitentiaire en Calédonie, ne fut pas installé qu’à Bourail ou l’île Nou…Cette administration régnait aussi dans le nord de la Calédonie.

Camp de Ouaco. Photo Archives NC.
Louis José Barbançon, Docteur en Histoire.
Concession à Pouembout.       Photo CAOM

Avec Louis José Barbançon, Docteur en Histoire et auteur du Livre "L'archipel des Forçats. Histoire du Bagne de la Nouvelle Calédonie (1863.1931) nous tentons d'en savoir un peu plus sur la présence de l'administration pénitentiaire dans le Nord de la Calédonie. "Au total dit-il, 46 mille ha de propriétés sont à la disposition du Bagne en Calédonie à cette époque, mais seulement 20 mille sont occupées… Cette administration de 1864 à 1897 emploiera prés de 700 agents dans tout le pays…"
Et de poursuivre " A Pouembout c'était trés important. Des concessions urbaines dans le village existaient et sur la rive droite et gauche de la rivière pouembout. Le Koniambo était aussi plus important qu'on ne le croit"
Quant on regarde une carte du domaine pénitenciaire ajoute L.J Barbançon, " il apparait que la rive droite de la Tenda, Point Loche, Goyeta, toute la zone de Gomen était occupée. Dans la région de Poya il y avait un grand camp sur la propriété Escande avec plus de 200 condamnés".
"A Ouaco,aussi il y avait 200 forçats qui travaillaient en particulier pour la grande usine de conserves de viandes. Plus tard ces condamnés seront remplacés par des indonésiens".

Camp sur le Diahot.  Photo Archives NC. L'ouvrage de l'Historien. Il  analyse le premier convoi de condamnés venus par le bateau Iphigénie. Revue de photos de cette époque,, consultables aux Archives de NC.

Ces condamnés ils étaient employés dans les exploitation rurales mais surtout dans les domaines miniers,
De Nakèty, à Balade, de Ao à Ouégoa des "contrats de chairs humaines" avec des sociétés privés avaient été signés...
L’apport de cette main d’œuvre pénale à moindre coût, fut fondamentale pour les sociétés minières naissantes sur les marchés internationaux.
"Il ne faut pas oublier précise l'Historien, que dans cette période il y avait à peu prés, 2000 forçats qui travaillaient pour des sociétés minières. C'est toute une force du bagne qui avait été détournée en faveur des premières sociétés minières" qui se sont enrichies et ont fait prospérer le pays.
En 1888, 6 contrats de ce type étaient en effet en cours dans les mines calédoniennes.

Aujourd’hui le patrimoine Calédonien garde, protège et rénove précieusement les éclats de mémoire de ce passé
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Reportage Télé RFO NC
Alexandre Rosada
Philippe Huneau
Montage :

Gael Detcheverry.
Alexandre Rosada